Lectures : du côté de chez Nicolas Dickner

En guise de préambule, ce post est directement inspiré par le dernier article de Nicolas Dickner sur son blog, Hors champ, intitulé « Dr Fleming et Lady Gaga« .

Sur son blog, Nicolas Dickner évoque sa profession d’écrivain. Dans cet article il est question des sources d’inspiration. Et sa réponse est que les sources d’inspiration sont partout !

Je vous invite à lire son article dans lequel il est question de cœlacanthe, de rustines sur des chambres à air de vélos aux Comores, de pénicilline et du Docteur Fleming, mais surtout d’où viennent les idées (et accessoirement de Lady Gaga).

J’aimerais revenir sur la partie concernant les idées, retranscrite ci-dessous :

… Or, littérature et science partagent cette vieille faiblesse fondamentale: il n’existe aucune méthode pour dénicher des idées, des solutions ou des poissons préhistoriques dont on ignore ignorer l’existence.

Le hasard seul sait s’en charger.

Afin de donner ses lettres de noblesse à ce phénomène, les Anglais lui ont donné un joli nom: serendipity.

Peut-être connaissez-vous cet épisode classique: le docteur Alexander Fleming, réputé pour tenir son laboratoire dans un désordre déplorable, laissait souvent croupir dans l’évier des piles de boîtes de Petri crasseuses. Un jour, en faisant la vaisselle, il découvrit qu’une spore mystérieuse avait colonisé une de ses boîtes de Petri, éradiquant toute activité bactérienne avoisinante.

On dit souvent que le docteur Fleming a trouvé la pénicilline; il serait plus exact de dire que la pénicilline a trouvé le docteur Fleming.

Vous voulez savoir d’où viennent les idées? De partout, de nulle part. Elles dérivent autour de nous comme des millions de spores en suspension dans l’air.

Ce qui manque, ce ne sont pas les idées. Ce sont les boîtes de Petri.

En effet, cette fin d’article me fait penser à deux choses :

Premièrement, à un passage du « Guet des orfèvres » de Terry Pratchett, auteur génial des Annales du Disque Monde, où il décrit le destin de Léonard de Quirm, un génie farfelu inspiré de Léonard de Vinci, récepteur universel de nouvelles idées, collectant d’une manière anormalement efficace les idées qui tomberaient du ciel, mais que peu seraient à même de les recevoir, ou de les reconnaître.

Cette première référence issue de la littérature Fantasy me fait énoncer un premier principe, qui est dans le propongement de l’article de Nicolas Dickner : pour avoir, recevoir des idées, être à même de les reconnaître, il faut être en mode « réception ». En d’autres termes, il faut être à l’écoute de tout ce qui nous entoure.

Deuxièmement, cette fin d’article me fait penser à la conférence récente de Derrick de Kerkhove à l’USI 2010. Son intervention était intitulée « l’ère du tag ». Ce fut une conférence menée tambour battant au cours de laquelle l’assistance a été bombardée de références, et à l’issue de laquelle nous sommes tous ressortis groggy, et surtout sceptiques quant au sens à donner à tout ça, tant cette conférence semblait être le fruit d’une série de juxtapositions aux liens plus ou moins intelligibles ;o).

Mais ne soyons pas trop durs avec ce monsieur pour le moins enjoué. Il nous a fait part d’une notion de son  invention, notion qui m’a permis de mettre de l’ordre dans ses propos : la notion d’intelligence connective, ou l’art de faire des connexions !

Et ça j’aime bien : une intelligence orientée sur les connexions plutôt qu’enfermée dans des dogmes et des guerres de clochers.

Des connexions, notre cerveau en fait des quantités chaque jour. On appelle généralement ça le cheminement de la pensée. Mais notre cerveau fait-il suffisament de connexions entre les choses, les événements, les savoirs, passés et présents, qui nous entourent ? A mon sens, ce sont de ces connexions que naissent les idées nouvelles.

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Nicolas Dickner (photo d’entête) est un écrivain québécois, auteur, entre autres, de « Nikolski » et de « Tarmac ». Le blog de Nicolas Dickner.

Terry Pratchett et un auteur britannique, auteur que je connais pour son incontournable série intitulée « Les annales du Disque-Monde ». La page wikipedia qui lui est consacrée.

Derrick de Kerkhove est le directeur du programme McLuhan « Culture and Technology » et professeur au département de français de l’Université de Toronto. Il est également l’auteur de The Skin of Culture et Connected Intelligence. La page wikipedia qui lui est consacrée.



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